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Var-Matin - Un Président de la République à Veyrier-du-Lac ? Imprimer Envoyer
Samedi, 12 Juin 2010 10:26

Var-Matin.com du vendredi 04 juin 2010, "Cap Nègre: le public interdit aux abords du littoral," écrit  par Nathalie Brun

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Le port du Traouquet, au pied du domaine familial des Bruni-Tedeschi, au Lavandou. (Photo Laurent Martinat)

Caméras et policiers barrent l’accès du sentier du littoral autour de la propriété des Bruni-Tédeschi. Des Lavandourains s’indignent
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«Vous ne pouvez pas passer, le sentier littoral est interdit d’accès à cause des éboulements ». Juché sur le toit d’une maison privée, « le port du Traouquet » qui borde le sentier littoral sur le domaine public maritime (DPM) au cap-Nègre, au pied du domaine des Bruni-Tedeschi, un garde armé et muni d’un talkie-walkie barre l’accès aux passants. À quelques pas de là, un arrêté municipal de la mairie du Lavandou, en date du 13 mai 2008, est placardé. Il précise « qu’il convient d’interdire la circulation piétonne sur le sentier du Littoral, entre Cavalière et Pramousquier, dans la mesure où des chutes de pierres sont susceptibles de se produire du fait de la fragilité de la paroi rocheuse dans ce secteur ».

Trois hommes armés en civil

Pour appuyer ses dires, l’homme qui se présente comme un fonctionnaire de la police nationale (mais qui refuse de montrer sa carte), désigne, derrière nous, un tas d’énormes blocs de schiste que nous venons de passer sans encombre et sans aucune mise en garde. Les habitués de la plage de Cavalière les ont toujours vus là ou presque. Les tempêtes et les chutes de pierres qu’elles génèrent, au cap Nègre comme ailleurs, ne datent pas d’hier.

Et le schiste est friable sur les franges littorales locales où les arrêtés municipaux de ce type sont légion (lire par ailleurs). Pourtant, jamais, de mémoire de Varois, on n’avait vu des policiers nationaux en armes interdire l’accès d’une portion du sentier du littoral sur les bases d’un tel arrêté. Les risques sont-ils donc si importants aux abords du domaine privé du Cap Nègre ?

Le « policier » du port Traouquet précise qu’ils sont trois à garder chaque jour ce tronçon du sentier qui épouse les clôtures du château des Bruni-Tedeschi où le Président Sarkozy vient passer quelques jours par an.

« Pas question de discuter »

« Trois qui s’ajoutent aux quatre gardes en faction au sein de la copropriété », indique un habitué des lieux. Privés de l’une de leurs balades favorites, certains Lavandourains trouvent la pilule amère : « Normalement, tous les gamins vont plonger là-bas. Maintenant, ils ont mis des caméras et des vigiles gardent le passage. Nous étions avec des amis lorsqu’un homme en civil s’est présenté pour nous barrer l’accès. Il n’était pas question de discuter, le message était clair : « Vous faites demi-tour ». Quel rapport entre les caméras, ces vigiles et l’arrêté ? Je conçois la chose quand le Président est là, mais autrement ce n’est pas normal : au temps de Chirac, on pouvait passer sur le littoral derrière Brégançon sans aucun problème lorsqu’il était absent », témoigne un Lavandourain.

Filmé pendant une heure

Un artiste borméen qui a vécu la même mésaventure, raconte : « ça fait 20 ans que je vais souvent tout au bout du cap me faire bronzer sur les rochers, pour le paysage. Je reste évidemment sur le Domaine public maritime et je n’avais jamais eu ce genre de problème. La dernière fois que j’y suis allé, j’y étais depuis une heure quand un homme en civil avec un pistolet à la ceinture, comme les Américains, m’a demandé de partir. Je lui ai répondu que j’étais sur le DPM. Il m’a parlé de l’arrêté affiché. Je lui ai dit qu’il était là pour garder la villa. Il m’a dit que ça n’avait rien à voir puis il a réitéré sa demande sous peine de représailles. Il m’a dit : « Soyez heureux, on vous a laissé passer. On vous voit depuis une heure avec les caméras ». Est-ce qu’on a le droit de filmer les gens comme ça sur le DPM ? ».

Interrogée sur la présence de policiers nationaux sur le DPM au Cap Nègre, la préfecture a fait savoir qu’elle « ne communiquerait pas sur ce sujet ».

Le maire du Lavandou, Gil Bernardi, confirme qu’il s’agit bien de policiers nationaux, et que la mairie est étrangère à leur présence

Extrait de Var-Matin.com

Commentaire du collectif : On veut bien comprendre que la sécurité et la tranquillité du Président de la République et de sa belle épouse justifient de telles dispositions, mais pour de simples conseillers municipaux de Veyrier et riverains du lac, c'est probablement excessif !


 

Mise à jour le Jeudi, 27 Juin 2013 13:38